Pour avoir un véritable impact sur les jeunes, il est essentiel que les slogans sanitaires se basent sur des arguments sociaux, selon une étude menée par des chercheurs grenoblois. Ces résultats pourraient inspirer la création de campagnes plus percutantes.
Les parents le savent, intimer à un adolescent de ne pas faire quelque chose peut souvent avoir l'effet inverse ! Ce phénomène s'applique aussi aux slogans de santé publique, comme ceux de la célèbre campagne "Manger bouger", qui préconise de "manger au moins cinq fruits et légumes par jour". Dans une étude réalisée par l’École de management de Grenoble, les chercheurs ont évalué l'impact de ces messages sur des lycéens et étudiants, et ont trouvé que ces conseils sont souvent inefficaces, voire contre-productifs.
Lors d'une conférence sur l'efficacité des politiques de prévention, Carolina Werle, responsable de la recherche, a partagé une expérience marquante. Elle a montré à un groupe d'étudiants une photo d'un Big Mac de McDonald's, accompagnée d'un message sanitaire. Les participants ont ensuite dû choisir entre un bon pour une glace ou un sachet de fruits. Résultat : 82 % de ceux qui avaient vu la photo ont choisi la glace, tandis que seulement 65 % de ceux qui n’avaient rien vu ont fait le même choix. Ce phénomène illustre comment le slogan sanitaire peut servir de "justification pour une consommation hédoniste, renforçant ainsi l'attrait de ces produits", selon les mots de la spécialiste, cité par Le Parisien.
En matière de repas équilibrés, il convient de miser sur des éléments sociaux.
Une seconde étude portant sur environ 800 lycéens de la région grenobloise a confirmé qu'il est plus efficace d'insister sur les conséquences sociales du surpoids plutôt que sur des conseils de santé. Des messages tels que "repas équilibrés, amis à volonté !" se sont avérés particulièrement pertinents. "Les campagnes actuelles mettent l'accent sur l'argument de santé tout en négligeant les aspects sociaux, alors que les adolescents sont très sensibles aux normes et à l'influence de leur groupe", a expliqué Carolina Werle au Parisien.







