Chaque année, le premier week-end de janvier, la France célèbre l'Épiphanie avec des délices différents selon les régions. Focus sur la galette des Rois du Nord et la couronne briochée du Sud.
Chaque année, au cœur de l'Épiphanie, un débat revient : faut-il déguster la galette des Rois du Nord ou la couronne des Rois du Sud ? D'un côté, les passionnés de la pâte feuilletée, souvent fourrée de frangipane ; de l'autre, ceux qui préfèrent la brioche parfumée à la fleur d'oranger et aux fruits confits. Pourtant, comme le souligne l'artisan boulanger Michel Fabre, l'essentiel réside dans la qualité des ingrédients, peu importe la forme du gâteau.
D'abord une pâte "feuillée"
Selon l'historienne Nadine Cretin, l'origine de la galette remonte à 1311 à Amiens, où elle était initialement sans garniture. Elle contenait une fève pour désigner un roi. Au fil des siècles, la fève a évolué vers des symboles en porcelaine. D'ailleurs, la tradition d'élire un roi à partir de pâtisseries provient d'anciennes célébrations romaines.
Une histoire de région
Dans le Nord, la galette se révèle incontournable, tandis qu'en Provence, la brioche fait office de gâteau des Rois. Les boulangers méridionaux privilégient les ingrédients locaux comme la fleur d'oranger. La chaleur du climat rend difficile le travail de la pâte feuilletée, d'où cette préférence pour la brioche. Les formes variées de ces spécialités concernent également les diverses appellations régionales : "gâteau à la Chaudière" en Champagne, "royaume" en Provence, et bien d’autres.
Les différences de consommation
L’amour pour la galette ou la brioche varie selon les régions. Par exemple, à Paris, 90% des ventes sont consacrées à la frangipane, tandis qu’à Bordeaux, la brioche prend le dessus. Chaque dessert a ses adeptes, et même les "Sudistes" en terre nordique retrouvent leur douce brioches à l’occasion de l’Épiphanie. Les artisans s'efforcent de répondre aux goûts variés et à la demande, créant parfois des recettes hybrides qui mêlent les deux traditions.







