Vous avez eu la bonne idée d'acheter un sac de pommes de terre, mais après quelques semaines, vous les retrouvez toutes germées au fond du placard. Peut-on les cuisiner malgré tout ? La réponse est plus nuancée qu'il n'y paraît.
La solanine : une toxine à surveiller
La présence de germes sur les pommes de terre peut susciter des craintes. Comme l'explique Nathalie Négro, diététicienne-nutritionniste, “Tout dépend de l'état de la pomme de terre.” En effet, la principale inquiétude réside dans la solanine, une molécule toxique produite par la plante, qui peut se retrouver dans les germes ainsi que dans la peau.
Cette toxine, classée parmi les saponines et les alcaloïdes, est présente dans divers fruits et légumes, tels que les tomates et les aubergines. Parallèlement, cette même diététicienne rappelle “l'importance de bien rincer les aliments comme le quinoa, qui contient aussi de la solanine.”
Les risques d'intoxication à la solanine
La solanine peut entraîner des troubles tels que des nausées, des vomissements et des maux de ventre. Dans certains cas, des effets neurologiques comme des maux de tête et une transpiration excessive peuvent également survenir, notamment chez les populations vulnérables comme les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.
En termes de gravité, la dose létale de solanine est d’environ 2 mg par kilo de poids corporel. Cela signifie qu'une personne de 60 kg devrait consommer environ 800 g de pommes de terre germées pour ingérer 1 mg de solanine, et atteindre la dose fatale nécessiterait près de 96 kg de tubercules – un scénario peu probable.
Comment gérer les pommes de terre germées
Alors, que faire de ces pommes de terre ? Nathalie Négro conseille de ne pas hésiter à sauver celles qui présentent de petits germes. Il suffit de retirer les germes et de peler soigneusement la peau, qui peut contenir de la solanine. Une cuisson prolongée, à la vapeur ou à l'eau, est également recommandée.
En revanche, si vous constatez des pommes de terre très fripées, avec de longs germes ou des taches verdâtres, il est plus sage de les jeter. Celles-ci pourraient contenir des niveaux significatifs de toxines.
Merci à Nathalie Négro, diététicienne-nutritionniste et responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
Source : Ville de Genève







