Des recherches menées aux États-Unis révèlent que la perception de l'appétit peut être influencée par la quantité de nourriture laissée dans une assiette. En effet, une petite portion laissée après un repas semble augmenter le désir de manger davantage, rendant ainsi la tentation de la surconsommation plus forte.
« Beaucoup d'entre nous avons été élevés avec l'idée de "nettoyer son assiette", renforcée par l'envie de ne pas gaspiller. Cependant, cela peut inciter à une surconsommation », explique Kelly Haws, professeure de marketing à l'Université Vanderbilt. Dans son étude "Justifying by Healthifying", publiée ce mois-ci dans la revue Appetite, elle examine comment cette mentalité peut guider nos choix alimentaires.
Les effets d'une portion résiduelle
Pour comprendre ce phénomène, l'équipe de Haws a mené plusieurs expériences. Dans l'une d'elles, les participants devaient consommer des cookies disposés sur une assiette. Après avoir mangé trois cookies, on leur a demandé combien ils souhaitaient en prendre de plus. Ceux qui avaient un ou deux cookies restants étaient plus enclins à en vouloir un autre. En revanche, ceux qui en avaient mangé plus ou n'en avaient pas reçu exprimaient moins d'envie. Ce comportement démontre que notre évaluation de la quantité de nourriture restante influencent directement notre volonté de continuer à manger.
Une seconde expérience a impliqué des amandes enrobées de chocolat. Les participants devaient imaginer divers scénarios de consommation, notamment en imaginant qu'il restait une seule amande. Là encore, ceux qui craignaient de laisser une amande étaient plus enclins à consommer davantage et à sous-estimer l'impact calorique de cette dernière.
L'impact des restes à emporter
Cependant, il s'est avéré que les participants qui avaient la possibilité d'emporter leur dernière part de pizza étaient plus susceptibles de le faire que ceux qui devaient nécessairement finir leur assiette sur place. Lorsque la perspective d'un "doggy bag" était absente, une envie accrue de finir était rapportée, accompagnée d'une minimisation des conséquences caloriques.
Kelly Haws conclut que le besoin de terminer son assiette engendre des justifications souvent trompeuses concernant les effets néfastes des restes. « Offrir une option pour emporter, comme un doggy bag, peut réduire ce besoin compulsif de terminer ce qui reste », conclut-elle, soulignant que cette dynamique persiste quelle que soit la quantité de nourriture.







