Alors que la norme des trois repas par jour semble indiscutable, de nombreux experts s'interrogent sur cette pratique. Plutôt que de se focaliser sur le nombre de repas, il serait plus judicieux de mettre l'accent sur la qualité des aliments, l'équilibre des macronutriments et l'écoute des signaux de notre corps.
Une structure alimentaire ancrée dans la société
Historiquement, le schéma des trois repas s'est imposé avec l'industrialisation et les rythmes de travail, devenant une convention sociale. Selon Serena Poon, nutritionniste basée à Los Angeles, il n'y a rien de magique dans ce format. « L'important est la qualité de votre alimentation et sa compatibilité avec votre mode de vie », déclare-t-elle.
D'autres chercheurs, comme Lauri Wright de l'Université de Floride du Sud, partagent ce point de vue. « Ce que nous consommons revêt une importance bien plus grande que le moment où nous mangeons », explique-t-elle. Astreindre notre alimentation à des horaires rigides n'a donc pas nécessairement de fondement scientifique solide.
Le jeûne intermittent, une tendance en plein essor
Des études récentes corroborent l'idée de réévaluer notre rapport à la fréquence des repas. Une étude de JAMA de 2024 a révélé que réduire le nombre de repas tout en concentrant l'apport calorique au début de la journée peut offrir des bénéfices pour la santé, incluant une perte de poids significative. Ce principe est au cœur du jeûne intermittent, où de nombreuses personnes choisissent de sauter le dîner ou le petit-déjeuner pour prolonger la période sans aliments.
Cependant, il est essentiel de rester vigilant face aux pratiques extrêmes. Une alimentation composée d'un seul repas quotidien peut entraîner des déséquilibres et des carences qui nécessitent une supervision professionnelle, selon Serena Poon.
Écoute et adaptation aux besoins corporels
Les nutritionnistes s'accordent aujourd'hui à dire que chaque individu doit adopter une approche personnalisée. La fréquence des repas idéale varie en fonction de facteurs comme le rythme circadien, l'activité professionnelle et l'état de santé. « Une fenêtre alimentaire de 8 à 12 heures est généralement adaptée à la plupart des adultes en bonne santé », indique l'experte.
Il est primordial, surtout pour les personnes ayant des conditions de santé particulières, de consulter un professionnel pour un accompagnement. Au lieu de suivre des horaires fixes, l'important est d'écouter les signaux de son corps, tels que la sensation de faim, afin de réguler ses prises alimentaires. De plus, les habitudes alimentaires intuitives ont été associées à une meilleure santé mentale et un bien-être accru.







