L'érythritol, un édulcorant largement apprécié par les personnes diabétiques et employé comme substitut du sucre, pourrait présenter des complications cardiovasculaires. Sa consommation, surtout à haute dose, semble être liée à une élévation du risque d'accidents vasculaires cérébraux (AVC) et d'infarctus, comme l'a révélé une étude parue dans la revue Nature.
Les caractéristiques de l'érythritol
Naturellement présent en petites quantités dans des aliments tels que le melon, les poires et certains champignons, l'érythritol est prisé pour ses vertus thérapeutiques. Il n’affecte pas le niveau d’insuline, ne entraîne pas de caries dentaires et est peu calorique. Toutefois, il se cache également dans une multitude d'aliments transformés que nous consommons quotidiennement.
Une étude alarmante sur les effets de l'érythritol
Le Dr Stanley Hazen, l'un des chercheurs à l'origine de cette étude, a observé des niveaux particulièrement élevés d'érythritol dans le sang de nombreux individus, notamment chez les diabétiques et les personnes en surpoids. L'étude indique que ceux présentant les concentrations les plus élevées de l'édulcorant sont deux fois plus susceptibles de développer un AVC ou un infarctus au cours d'une période de trois ans, par rapport à ceux avec les concentrations les plus basses. De plus, la consommation d’aliments riches en érythritol accroît le taux dans le sang pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours.
Les chercheurs ont déterminé que des ingestions élevées d’érythritol peuvent renforcer l’activité des plaquettes sanguines, augmentant ainsi la probabilité de formation de caillots. Ces résultats soulignent l'urgence d'autres recherches pour mieux appréhender les effets à long terme de cet édulcorant sur la santé.
D'autres études ont également mis en lumière des associations entre différents édulcorants et les maladies cardiovasculaires. L'Inserm, à travers une analyse de la cohorte NutriNet-Santé comprenant 100 000 adultes français, a révélé que la consommation d’édulcorants peut accroître le risque de maladies cérrebrovasculaires. En particulier, l’aspartame a montré des corrélations plus nettes avec ces risques, contrairement aux autres édulcorants comme l’acésulfame-K et le sucralose, liés à des maladies coronariennes.
Source : The artificial sweetener erythritol and cardiovascular event risk, Nature Medicine, 27 février 2023.







