À quoi bon parfumer vos plats et thérapies avec des épices comme la cannelle ou le curcuma si leurs effets peuvent compromettre votre santé ? De récentes études révèlent que ces ingrédients, présents dans toutes les cuisines, peuvent altérer l’efficacité de certains médicaments. Geneviève Martin-Callède, auteur d’un ouvrage sur les bienfaits des plantes médicinales, évoque avec enthousiasme l'apport nutritionnel de ces épices, mais met en garde contre les surconsommations.
curcuma, gingembre et cannelle : faites attention aux doses
Les épices à surveiller de près incluent le curcuma, le gingembre et la cannelle. Dipa Kamdar, pharmacologue à la Kingston University, souligne que bien que ces épices soient bénéfiques en quantités alimentaires, leurs formes concentrées, comme les compléments, peuvent nuire à l'absorption des médicaments. En général, les quantités utilisées en cuisine sont trop faibles pour provoquer des effets graves.
la cannelle : à consommer avec modération
On a longtemps su que la cannelle, notamment sa variété Cassia, contient de la coumarine, une molécule pouvant interférer avec les enzymes hépatiques responsables du métabolisme des médicaments. Ceci peut affecter l'efficacité des traitements, surtout à des doses élevées sur le long terme. Des chercheurs de l’Université du Mississippi ont récemment indiqué que certains composants de la cannelle pourraient perturber des enzymes comme le CYP3A4, qui métabolisent près de 50% des médicaments prescrits, rendant leur utilisation moins fiable.
le curcuma : prudence pour les personnes atteintes de pathologies spécifiques
Reconnu pour ses effets antioxydants et anti-inflammatoires grâce à la curcumine, le curcuma peut néanmoins interférer avec des traitements médicamenteux, notamment chez les patients souffrant de cancer, de dépression, ou de certaines infections bactériennes. Les effets sont généralement peu probables avec des doses alimentaires, mais peuvent devenir préoccupants avec des extraits plus concentrés.
le gingembre : attention aux anticoagulants et aux AINS
Utilisé couramment pour ses propriétés anti-nauséeuses, le gingembre peut également avoir de sérieux impacts sur la coagulation sanguine. Ses actifs, comme le gingérol, peuvent rendre les anticoagulants et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) moins efficaces, augmentant ainsi le risque d'hémorragies. En cas de diabète, une consommation excessive pourrait entraîner une hypoglycémie, bien que cela soit rare avec une utilisation normale.
En revanche, cela ne signifie pas que vous devez éliminer ces épices de votre alimentation. Au contraire, il est conseillé de rester vigilant et d’informer votre médecin de toute consommation de compléments à base d’épices, afin d’éviter des interactions indésirables.







