Une collaboration entre des chercheurs franco-suédois a mis en lumière le rôle protecteur des fibres dans la lutte contre l'obésité et le diabète.
Des équipes du CNRS, de l'Inserm et de l'Université Claude Bernard Lyon 1, publiées récemment dans la revue Cell, ont investigué ce mécanisme de protection qui implique à la fois la flore intestinale et la capacité de l'intestin à synthétiser du glucose.
Une alimentation riche en fibres, clé de la prévention
Bien que l'on sache depuis longtemps qu'un régime riche en fibres aide à contrôler le poids et à prévenir le diabète, l'équipe conduite par Gilles Mithieux, chercheur au CNRS, a souhaité explorer le lien spécifique entre la consommation de fibres et la production de glucose par l'intestin.
Selon le chercheur, l'intestin génère du glucose et le libère dans le sang entre les repas et la nuit. Ce glucose stimule des récepteurs dans la veine porte, envoyant des signaux au cerveau. En réaction, celui-ci déclenche une série d'effets protecteurs, réduisant la sensation de faim et augmentant la dépense énergétique, tout en diminuant la production de glucose par le foie.
Le mécanisme expliqué par des études sur rongeurs
Pour établir un lien entre l'apport en fibres et la régulation de la production de glucose, les chercheurs ont administré à des rongeurs un régime riche en fibres fermentescibles, provenant de fruits et de légumes comme le salsifis, les choux, ou les fèves. Ces fibres, qui ne se digèrent pas directement, sont fermentées par les bactéries intestinales, produisant des acides comme le propionate et le butyrate, bénéfiques pour l'organisme.
Les résultats ont montré que ces rongeurs augmentaient leur production de glucose, et ceux nourris avec des aliments gras et sucrés ont pris moins de poids que les témoins. Ils ont également montré une meilleure sensibilité à l'insuline, réduisant ainsi leur risque de diabète.
Implications pour la santé et la nutrition
Pour corroborer ces résultats, des souris génétiquement modifiées, incapables de produire du glucose, ont été soumises au même régime. Comme prévu, elles ont pris du poids et ont développé un diabète, similaire aux souris ayant reçu une alimentation pauvre en fibres.
D'après Gilles Mithieux, « La production de glucose par l’intestin à partir des acides propioniques et butyriques est à l’origine des effets bénéfiques des fibres fermentescibles sur notre organisme. » Cette étude souligne également l'importance de la flore intestinale dans la fermentation des fibres et la production de glucose, entraînant ainsi des perspectives intéressantes pour des recommandations nutritionnelles futures et de nouvelles approches thérapeutiques contre le diabète et l'obésité.







